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Coutant
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MessagePosté le: Mar 17 Mar - 21:01 (2015)    Sujet du message: reproduction Répondre en citant

LA REPRODUCTION DES INSECTES : "Tout pout conserver l'espèce!" (1) 
 

 

Les Insectes présentent tous les cas possibles de reproduction dont la classique rencontre entre individus sexués mâle et femelle avec dimorphisme sexuel plus ou moins marqué (individus morphologiquement identiques chez les "Téléphores"..., un peu différents par la couleur chez les "Lycènes"... ou très différents par des attributs morphologiques parfois inutiles comme les "Lucanes" mâles ou par l'aspect larviforme d'un des deux partenaires comme les femelles de "Cheimatobie" ou de "Lampyre"...); les modalités de l'accouplement varient et se terminent par l'insémination de la femelle par le mâle, insémination qui peut parfois être traumatisante ("Punaises" Mirides) ou même mortelle (pour les mâles des "Mantes"); il y a cependant des cas sans contact ou peu de contact entre mâle et femelle (dépôt d'un spermatophore par le mâle dans le milieu pour les Collemboles... ou sur les voie femelles chez des "Phanéroptères"...); enfin, il y a les cas extrêmes de parthénogénèse (Abeilles "mâles"...) et de polyembryonnie (Hyménoptères parasitoïdes...) 

Les spermatozoïdes des insectes se ressemblent tous : ondulants et filiformes, ils atteignent 250 millimicrons de long et, pour les différencier, il est nécessaire d'observer des coupes fines au Microscope électronique à transmission : 

 
 
Spermatozoïdes du Lépidoptère Tinea pellionella (photos M.E.B de G.Chauvin) 

 
Tête du spermatozoïde de l'Ichneumonide Diadromus pulchellus parasite des chrysalides de Tinéides...(photo M.E.B G.Chauvin) 

La reproduction sexuée nécessite des "équipements" spécialisés pour la recherche du partenaire (antennes pectinées, androconies liées aux phéromones sexuelles...) et des stimulations (parades, danses et offrandes nuptiales...)

 
 
Un couple de "Citron" Gonepteryx rhamni (mâle à gauche) : première rencontre ? - Lucilia sp. in copula... 

 
 
Ils ont conclu ! (photo Y.Puntous) - L'amour peut être...aveugle ! (couple d'Asilus crabroniformis) photo J.C.Bernard) 

 
 
"Ballade en amoureux" chez les petits Pyrgomorpha et ici c'est la femelle qui supporte le mâle ...(photos C.Fortune) 

 
 
Un accouplement rare interspécifique entre un mâle de "MyrtilManiola jurtina et une femelle "Demi-deuilMelanargia galathea dans le Tarn en juin (photos A.Cipière) 
(on observerait ce phénomène plus souvent chez les Zygènes !)

Nous allons donc étudier dans les pages suivantes, de façon succeinte, les modalités de la reproduction : 

-la recherche du partenaire 
-les 2 partenaires sexués 
-la préparation à l'accouplement 
-les types d'accouplement 
-la reproduction par spermatophore
 

(Ne sont pas traitées ici les déviations sexuelles !) 

 
Ces 2 mâles de Sphaerophoria scripta vont vite s'apercevoir de leur erreur ?? 

1-Les équipements spécialisés pour la recherche du partenaire : quelques exemples 

1-1: Androconies des mâles de certains Lépidoptèes : 

Les androconies sont des écailles (ou des "poils") odorifères mâles formant des taches ou marques androconiales qui secrètent des phéromones attractives sexuelles pour les femelles : 

 
 
Tache androconiale foncée sur chacune des ailes antérieures des mâles du Nymphalide "Amaryllis" Pyronia tithonus et du Satyride "Satyre" Lasiommata megera (photo M.Chevriaux) 

 
 
Ligne androconiale oblique sur chacune des ailes antérieures des Hesperides mâles : la "Virgule" Hesperia comma et de la "Sylvaine" Ochlodes faunus (venatus) 

 
Abdomen male de "Zygène transalpin" avec ses sclérites (les sclérites des génitalias sont soulignés!) 
(présence des poils androconiaux près des sclérites des génitalias mâles) 

1-2: Antennes pectinées, feuilletées, plumeuses...(grande suface de réception des stimuli) des mâles pour capter les phéromones femelles : 

Les phéromones sont des signaux chimiques odorants agissant à longue distance (ce sont les phéromones sexuelles qui interviennent ici mais il en existe d'autres : de piste, d'alarme...); l'exemple le plus connu est l'attraction des "Grand Paons de nuit" par la phéromone sexuelle de la femelle vierge à une distance de plusieurs kms... 
Une application des phéromones attractives sexuelles est la lutte biologique par les pièges à phéromones (capsule phéromonale dans un piège à glue type INRA, confusion sexuelle des mâles de "Carpocapse des pommes"...) 

 
 
 
 
Antennes mâles : plumeuses des Psychides-pectinées des Attacides et Bombycides-feuilletées des Melolonthides (1 lamelle de plus que les femelles et plus grandes) 

on pourrait aussi citer les antennes longuement ciliées et verticillées des mâles de Culicides et Chironomides.... 

 
 
Antennes de mâles et femelles de "Hannetons" : Melolontha melolontha ou "Hanneton commun"-Couple de Polyphylla fullo ou "Hanneton foulon" prêt à l'accouplement (photo Life) 

 
Antenne à 7 feuillets de Melolontha mâle... 

 
Gros sur les 7 feuillets (lamelles) de l'antenne du mâle du "Hanneton" Melolontha melolontha (photo P.Falatico) 

 
Autres antennes à 7 feuillets du mâle du "Hanneton communMelolontha melolontha 

1-3: Bioluminescence des femelles aptères de Lampyrides et yeux hypertrophés des mâles : 

 
 
Yeux hypertrophiés de mâle ailé de Lampyris noctiluca pour repérer la femelle aptère et larviforme ("Ver luisant") dans les herbes ! (photos P.Pinson) (la production de lumière est une réaction de transformation biochimique de la luciférine par une enzyme la luciférase...); cette luminescence existe aussi pour le rapprochement des sexes chez le "Taupin lumineux" ou Pyrophore d'Amérique du Sud... 

 
Il ne reste plus que la tête et les gros yeux d'un mâle de Lampyre dévoré par un Arachnide 

 
Elatéride ("Taupin") lumineux d'Amérique du Sud : Pyrophorus sp. ou "Cocoyos" 

1-4: La stridulation, moyen de communication pour le rapprochement sexuel : 

Beaucoup d'nsectes stridulent c'est-à-dire communiquent par des signaux acoustiques au moyen d'une grande variété de procédés et d'appareils situés à des endroits variés du corps : ailes, thorax, abdomen, patte... Les chants émis par le mâle sont utilisés au rappochement sexuel (appel, parade...); il faut donc aussi des récepteurs : système auditif situé sur les segments abdominaux ou les tibias des P1... (organes tympaniques avec scolopidies des Orthoptères) 

Cas du "Grillon"(O/Orthoptères, s-O/Ensifères, F/Gryllides):Gryllus,Oecanthus,Nemobius... 

Toute la surface de l'élytre est adaptée à la stridulation 

-Les grillons stridulent en soulevant obliquement les 2 élytres : l'élytre droit recouvre le gauche; les 2 élytres ont les mêmes structures de stridulation 
-L'élytre droit porte à la face inférieure la râpe ou archet qui va frotter contre la chanterelle ou plectrum de l'élytre gauche 
-2 grandes plages membraneuses, harpe et miroir, amplifient les sons 

Donc, c'est toujours le frottement de l'élytre droit sur le gauche qui produit un chant (seul, l'archet de l'élytre droit est utilisé) 
-Le récepteur des sons correspond aux 2 fossettes auditives situées sur les tibias des P1 
-La fonction principale de ce chant est le rapprochement sexuel ! 

Chez 2 autres "Grillons" Oecanthus et Nemobius, chaque élytre joue son propre rôle ! 

 
Appareil stridulatoire sur les élytres du Grillon domestique ou "Cri-Cri" (Gryllus domesticus) : voir détails en photos page 5terter 


 
 
"Grillon des champsGryllus campestris mâle (photo G.Loudet) et femelle (photo H.Robert) 

Chez les Ephippiger,les organes stridulants sont dans les 2 sexes (élytres très courts) mais la femelle stridule rarement 

 
 
Ephippiger ephippiger mâle et son organe de stridulation sur le dos : les 2 petits élytres modifiés frottent l'un contre l'autre par leurs râpes produisant un son amplifié par le bouclier parabolique du pronotum (photos C.Ollieu) 

 
Quand on s'est trouvé, on ne se lâche plus chez les "Miramelles alpines"... 

 
 
2 "éclairages" différents pour ces 2 grands Asilides à "moustache" blanche (proches du genre Dysmachus) in copula (photos P.Legros) 


2-Les 2 partenaires sexués : 

Il peut y avoir ou non dimorphisme sexuel avec tous les cas possibles; nous citons quelques exemples parmi les nombreux existants 

2-1: Partenaires presque identiques non reconnaissables sexuellement sur le plan morphologique

 
 
2 cas de partenaires identiques ou presque: Hémiptères Palomena prasina (photo P.Pinson) -Chrysomélides Hispa testacea (photo S.Maget) 

 
partenaires également presque identiques : Diptères Asilides Asilus crabroniformis (photo J.C.Bernard) 

 
 
Chez les Asilides (ici Tolmerus atricapillus), la femelle a l'extrémité abdominale fortement prolongée en pointe (cas comparable chez les mâles de Tipulides) (photos P.Falatico) 

2-2: Partenaires différenciables par la couleur ou par la taille 

 
Couleur différente : mâle plus foncé ici chez l'Hémiptère Réduviide Phymata crassipes ou "Punaise guitare" (photo P.Garcelon) 

 
 
Couleur et dessins différents : Lycaenide Polyommatus sp.Taille différente : Meloide Meloe proscarabeus 

 
Couleur et dessins différents : Couple de Piérides Anthocharis cardamines en approche : femelle-mâle (photos F.Cregut) 

 
 
Taille différente (mâle plus petit) : Chrysomélides Timarcha goettingensis - Acridide Podisma alpina (photos J.C.Bernard et C.Det) 

 
 
Taille différente (mâle plus petit) : Cantharides Cantharis fusca (photo P.Pinson) - Acridide Anacridium aegyptium (photo J.P.Marino) 

 
le mâle est aussi nettement plsu petit chez Mantis religiosa...(photo P.Falatico) 

 
 
Taille différente (mâle plus petit) : Sphégides Ectemnius lapidarius 

 
 
Taille différente (mâle plus petit) : Lampyrides Lampyris noctiluca, la femelle est appelée "ver-luisant" ! (photos C.Ollieu) 

 
 
Taille différente : Mâle plus petit et femelle ventrue chez le Palloptéride Palloptera ustulata (photos P.Legros) 
(ovipositeur pointu et induré ici comme pour beaucoup de Téphritides !) 

 
 
Taille nettement différente : Petit Mâle (3 mm) et grande Reine (9 mm) du genre Lasius in copula (photos C.Fortune) 

(le mâle peut être nettement plus grand que la femelle comme chez l'Hyménoptère Anthidium manicatum) (voir page 18ter-32

 
 
Taille et ornementation différents : Hémiptères Eurydema ornatum-Eurydema oleraceum (photo S.Maget) 

 
Variante chez Eurydema oleraceum : méme ornementation avec taches blanc ivoire mais taille un peu plus grande pour le femelle à droite (photo C.Fortune) 

 
 
Hyménoptère Xylocopa violacea : mâle (à gauche) plus allongé avec anneau brun jaune antennaire vers l'extrémité... 

 
 
Coloration et (ou) ornementation différentes : Accouplement du Syrphide Sphaerophoria scripta (photo M.Ponsot) - Accouplement de Coccinellides (photo J.Gouzanet) 

 
La position du mâle de Sphaerophoria scripta tient du contorsionisme ici (photo P.Falatico) 

 
Autres Sphaerophoria scripta in copula...(photo P.Legros) 

 
 
Sphaerophoria scripta femelle en ponte et mâle ... 

 
 
Autre forme de "contorsionisme" chez Syntomis phegea in copula (photos C.Noir) 

2-3: Partenaires reconnaissables par des attributs morphologiques différents plus ou moins utiles 

 
 
Attribut cépalique mâle ; corne d'Oryctes nasicornis - Attribut mandibulaire mâle hypertrophié de Lucanus cervus (photo P.Poncet) 

 
Autre Attribut céphalique mâle : Comme beaucoup d'autres, les mâles de Copris lunaris ont des tailles variables de même que la longueur de leurs corne céphalique (photo G.Rubatto) 
(les femelles ont un tubercule échancré à la place de la corne...) 

 
Attributs thoraciques de 3 pointes du mâle du "Minotaure" Typhoeus typhoeus 

Les attributs précédents ne sont pas particulièrement utiles pour la reproduction; d'autres le sont comme les ventouses des tarses antérieurs des mâles de "Dytique" pour tenir sur la femelle au moment de l'accouplement dans l'eau, femelle qui a en plus les élytres striès pour empêcher le glissement ! : 

 
 
Dytique mâle et ses ventouses antérieures - microphotographie d'une ventouse mâle (J.L.Blot) 

 
 
Détail des cupules pédiculées de la ventouse mâle du Dytique...(photos M.E.B de G.Chauvin) 

 
 
Un autre attribut sexuel utile : "Peigne sexuel" noir du mâle du Diptère Drosophila melanogaster (sur le 1er article du tarse de la première paire de pattes) - photo M.Blaise 

2-4: Cas des femelles aptères larviformes (importance des phéromones pour ce cas!) 

 
 
 
 
Géométride "Cheimatobie" Operophtera brumata mâle ailé et femelle microptère (Doc.ACTA)-Lymantriide Orgyia antiqua ou "Etoilée" : mâle et femelle lourde et aptère 

 
 
Couple d'Operophtera brumata en fin de copulation sur un tronc de cerisier un 25 novembre (photo G.Chauvin) - Copulation chez la "Lycie pomoneLycia pomonaria entre le mâle ailé (envergure 32 mm) et la femelle aptère (12-15 mm de long), forêt de Chantilly (photo A.Woirin) 

(Le cas le plus connu est celui des femelles du Lampyre ou "ver luisant" et le cas le plus extrême est peut être celui de certains mâles de Psychides (Psilonota) aux très grandes antennes plumeuses orientées, comme des paraboles, pour la recherche des petites femelles aptères larviformes...voirpage 13bis

2-5: cas des Diptères Muscoïdes non holométopes : yeux mâles plus ou moins cohérents et non cohérents femelles 

-cas des "Mouches" mâles et femelles différenciées par la cohérence des yeux : 

 
 
Diptères Sarcophagides "LucilieLucilia sp. : mâle aux yeux cohérents - femelle aux yeux non cohérents 
(beaucoupd'autres exemples chez les Muscides...) 

 
Couple bien assorti du "Syrphe ceinturéEpisyrphus balteatus (photo M.chevriaux) 

 
Dimorphisme sexuel marqué chez l'"Isabelle" (taille et forme des ailes et antennes)... 

-cas des "Mouches" mâles et femelles différenciées par la cohérence des yeux et la taille : 

 
Diptères Syrphides "Volucelles" : Volucella zonaria, femelle grande aux yeux non cohérents - Volucella inanis, mâle petit aux yeux cohérents 
(on pourrait aussi citer un autre couple de Tachinide où le mâle est plus grand que la femelle : Phasia hemiptera ...) 

-cas des "Mouches" mâles et femelles différenciées par la cohérence des yeux et par la morphologie différente : 

 
 
Diptères Syrphides "Eristales" Eristalis arbustorum : mâle - femelle 
(ou pourrait aussi citer un autre couple de Syrphide morphologiquement différent : Sphaerophoria scripta...) 

Cas des Bibionides où le mâle a la tête entièrement occupée par 2 gros yeux cohérents (+ petites antennes) et la femelle 2 petits yeux réniformes (+ grandes antennes): 


 

2-6: cas des Lépidoptères Hespériides ou Nymphalides dont les mâles se différencient par une ligne ou des marques androconiales (ensemble de poils foncés à rôle phéromonal) : 

 
 
la "SylvaineOchlodes faunus mâle avec ligne androconiale et femelle...(photos M.Chevriaux) 

 
 
le "Tabac d'Espagne" Argynnis paphia : mâle aux stries androconiales de l'aile antérieure nettes (photo P.Falatico) - femelle (photo P.Prevot) 

2-7: Cas des Orthoptères Tettigoniides se différenciant par leurs attributs sexuels en particulier l'ovipositeur femelle de ponte et la longueur des tegmina : 

 
 
Pholidoptera griseoaptera : femelle aux tegmina très courts (1 mm) - mâle aux tegmina plus longs (environ 5 mm) (photos C.Fortune) 

3-La préparation à l'accouplement : 

Beaucoup d'espèces, en particulier les mâles, marquent et défendent leur territoire : 

-les mâles des Odonates Calopterygides ont une zone vivement colorée sous les derniers segments abdominaux ou "catadioptre" qu'ils présentent, abdomen relevé, aux mâles d'autres espèces pour la reconnaissance : voir page 7ter' 
-les mâles du Nymphalide Charaxes jasius pratiquent le "hilltoping" : surveillance de leur territoire sur des "perchoirs" avec chasse des intrus repérés : voir page 13-6 

On parle également de précopulation chez certaines espèces comme chez les Sepsides... 

3-1: parades et danses nuptiales : essaims mâles bourdonnant de petits diptères-parade nuptiale des Eristales... 

Il est facile d'observer sur les fleurs en été et en automme la parade des Ersistalis arbustorum mâles qui suivent les femelles en bourdonnant sur les fleurs au soleil et se placent au-dessus d'une qui butine en effectuant plusieurs descentes rapides bourdonnantes en la touchant à chaque fois (la femelle semble impassible continuant à butiner...) ou encore observer la parade nuptiale du "Lucane cerf-volant" mâle qui actionne ses énormes mandibules face à la femelle figée; il y a aussi la parade du "Poisson d'argent" Lepisma saccharina qui tend un fil de soie avec un spermatophore près de la femelle.....et beaucoup d'autres... 

 
 
 
Parades d'Eristalis sp. mâle au dessus d'une femelle (photos J.C.Bernard-A.Ramel-M.Chevriaux) 

 
Parade chez la "Pieride de la moutardeLeptidea sinapis; la position des antennes est caractéristiques (photo A.Laboile) 

La parade peut êt selon les espèces, unique ou renouvelée avec ou non le même individu ou plusieurs individus... 

 
 

 
 
La "Parade nuptiale" chez le Lycaenide Polyommatus bellargus (photos M.Chevriaux) 

 
 
Parade chez Hipparchia fagi... 

Certains Insectes (Diptères surtout) forment des rassemblements ou "essaims" de mâles ou de femelles plus ou moins dansants préparatoires aux accouplements : c'est le cas des essaims suivants de mâles de l"Adèle verdoyanteAdela reaumurella qui se posent par centaines en plein soleil sur les feuilles de hêtre antennes dressées...(photos M.Schnoering) 

 
 

 
Parade chez le Scarabéide Valgus hemipterus (mâle à droite)...(photo P.Falatico) 

 
 
Exosoma lusitanica : précopulation - in copula (En précopulation le mâle fait des mouvements de grandes amplitudes appuyé sur les 2 paires de pattes antérieures seulement....et ce pendant une heure !) photos J.P.Marino 

3-2: dons nuptiaux : Diptères Empidides mâles, Panorpides Bittacus, certains Mirides... 

Le mâle des Empidides pratique le "don nuptial" pour l'accouplement (proie enveloppée dans un cocon de soie ou simple boule de soie) : la femelle peut abandonner le don nuptial qui peut être ramassé par un autre mâle qui l'offre à une autre femelle ! 


 
 
Le Don nuptial chez Hilara - Empis sp. in copula avec don nuptial (photo R.Lehmann) 
(A=don nuptial au repos - B=don nuptial au vol - C=accouplement) in Seguy 

 
 
Empis tessellata : mâle ayant capturé un Tipulide femelle pour offrir à sa future femelle - copulation d'un autre mâle avec une femelle s'oocupant d'une "mouche" offerte en cadeau nuptial...(photos C.Lanthelme) 

3-3: stimulations glandulaires : cas des Blattes... 

-accouplement après léchage des glandes dorsales (tergales) du mâle par la femelle : 

 
Glandes tergales de Blatte sur tergites 7 et 8 (photo Fac.Sciences, Univ.Dijon) 

 
Autre forme de stimulation (précopulation) : la femelle de Drosophile fait saillir son tube de ponte ce qui accroit l'excitation du mâle qui recourbe son abdomen en préalable à la copulation (photo J.Six) 

 
 
Ici aussi, la femelle du Diptère Platystoma seminationis fait saillir son ovipositeur pour stimuler le mâle... 

Autre cas de stimulation : les glandes dévaginables à phéromones des femelles de certains Lépidoptères comme les Piérides : exemple de la Piéride du chou sur les photos suivantes de A.Peuch : 

 
Position d'appel de la femelle de Pieris brassicae 

 
 
Pieris brassicae : Gros plan sur les glandes abdominales (entre segments 8 et 9) dévaginées de la femelle diffusant les phéromones qui attirent le mâle antennes dressées.. 

 
 
 
Etapes de la dévagination des glandes abdominales phéromonales de la femelle (par augmentation de la pression "sanguine", en réalité l'hémolymphe, à ce niveau provoquant une diffusion passive...) 

 
 
Pieris brassicae : La femelle touche avec ses antennes les poils androconiaux dévaginés du mâle (situés surtout sur les ailes) pour la reconnaissance spécifique; ces "attouchements antennaires" excitent le mâle qui va aller à l'accouplement ensuite... 

 
 
Stimulation du mâle de Malachius avant accouplement par l'odeur de la femelle... 

4-Les types d'accouplement : quelques exemples d'espèces "in copula

Le pénis mâle ou "édéage" (aedeagus) est dévaginable et peut étre très long ! il insémine la femelle avec des spermatozoïdes produits par des testicules et stockés dans la vésicule séminale; certaines femelles possèdent une spermathèque pour les mettre en réserve pendant un certain temps (Reine d'Abeille, femelle de Doryphore ....) 

 
Edéage de Carabus problematicus...(photo H.Robert) 

 
 
Cet accouplement de 2 "Cétoines" montre la longueur démesurée de l'aedeagus du mâle qui peut être plus long que le corps lorsqu'il est totalement dévaginé!! (photos D.Dubroca) 

 
Accouplement en opposition chez Lygaeus equestris montrant le pénis long, un peu enroulée et fin (photo J.P.Marino) 

 
 
Accouplement chez le Cérambycide Corymbia (Leptura) fulva : pénis plus fin en "tire-bouchon" !!(photo D.Guili) - Accouplement chez le Chrysomèlide Exosoma lusitanicum (photo J.P.Marino) 

 
Autre long pénis chez Corymbia rubra in copula...(photo M.Le Masson) 

 
 
Pénis de la "Bruche du haricot" (photos M.E.B de G.Chauvin) 

 
 
Vues originales des "charançons" Peritelus sphaeroides in copula 

 
Gros plan sur la copulation chez Plagionotus floralis (photo G.Champier) 

4-1: Accouplement par opposition : nombreux cas chez les Hémiptères... 

 
 
Accouplement en opposition chez 2 Hémiptères Hétéroptères : Pentatoma rufipes (photo C.Fortune) - Coréide parmi les plus communs, Coreus marginatus 

 
Autre accouplement en opposition chez un autre Hémiptère Coréide Gonocerus acuteangulataus : coaptation parfaite entre les 2 partenaires (photo C.Fortune) 

 
Pyrrhocoris apterus in copula, classique et très commun chez les "gendarmes" !(photo P.Falatico) 

 
 
Accouplements en opposition : chez Graphosoma lineatum - chez Pieris sp. 
(voir aussi page précédente : chez Palomena et Eurydema

 
 
Accouplement en opposition de Pieris brassicae : 2e génération qui vole jusqu'en octobre (la 1ère génération vole en avril); c'est la nymphe qui hiverne...(photos J.Houdoire) 

 
Accouplement en opposition chez un Arctiide : la "MénagèreDysauxes punctata...(photo J.P.Marino) 

Chez certains Papilionides et Nymphalides, le mâle secrète une pièce en forme de poche fixée à l'extrémité de l'abdomen femelle empêchant des accouplements ultérieurs; cette pièce s'appelle le sphragis et est typique d'une espèce 

 
 
Accouplement en opposition chez les Diptère Tipulides Tipula sp. (photo M.Chevriaux) et Nephrotoma sp. (phjoto M.Blaise) 

 

 
Gros plans sur la copulation chez 2 Tipulides : Nephrotoma flavescens - Tipula lunata (photos P.Falatico) 

 
 
Autres cas d'accouplements par opposition : autre Tipulide (photo D.Guili) - Bombyliides Bombylius major qui peuvent voler très bien ainsi ! (photo P.Legros) 

 
 
Accouplement en opposition de Diptères Bibionides : Bibio lanigerum (photo C.Fortune) - Bibio marci (photo H.Robert) 

 
Ce bel accouplment du Diptère Conopide Sicus ferrugineus ressemble à un véritable numéro d'équilibriste !! (photo V.Latger) 
( photos de B.Latger

 
 
Variantes d'accouplement en opposition des Diptères Asilides Pamponerus sp. (photo J.P.Marino) et Syrphides Volucella bombylans (photo H.Sergenton) 

Cas particulier des Odonates Zygoptères ou "Demoiselles" : "Tandem" puis "Coeur copulatoire" 

 
Dessins : en haut : extrémité postérieure femelle - en bas à gauche : appareil copulateur du mâle (2e segment abdominal) - en bas à droite : extrémité abdominale du mâle et ses cercoïdes 
Accouplement : le mâle saisit la femelle avec ses crochets abdominaux (cercoïdes) et l'entraine en vol puis la femelle replie ventralement son abdomen vers l'avant pour amener son extrémité au niveau de l'orfice mâle placé sur le 2ème segment abdominal ; cela constitue un "tandem en forme de coeur" caractéristique de cette gymnastique sexuelle aérienne ! 

 
 
Extrémité abdominale mâle ventrale de Zygoptère - Copulation chez un Coenagrion : pièces copulatrices mâles sur sternite abdominal 2 et lame vulvaire femelle sur sternite abdominal 8 
(le sperme est tranféré par le mâle des organes génitaux du bout de l'abdomen (sternite 9: voir schéma à gauche) vers les pièces copulatrices situées à sa base (sternite 2) 

 
 
Pyrrhosoma nymphula : coeur copulatoire - détail de la copulation entre pièces copulatrices mâles du sternite 2 et lame vulvaire femelle du sternite 8 (photos J.P.Marino) 

 
Détail de la "prise de tête" par les cercoïdes du mâle; la femelle n'a pas l'air rassuré !! (photo J.P.Marino) 

Donc mode de reproduction spécifique aux Odonates : insémination indirecte et les oeufs sont fertilisés lors de la ponte... 

 
 
Tandem préparatoire au "Coeur copulatoire" chez Pyrrhosoma (photo C.Ouvrard) et chez Cercion lindeni 

 
 
Lestes sponsa en tandem précopulatoire : "normal" entre mâle et femelle - "erreur de casting" entre 2 mâles dont celui du bas apparait très "surpris" ! (photos C.Fortune) 

 
Autre Tandem chez Coenagrion puella...(photo J.Guérin) 

 
"Coeur copulatoire" de Coenagrion puella (photo D.Pollen) 

 
 
Vue originale d'un "Coeur copulatoire" de Lestes viridis - "Coeur copulatoire" de Calopteryx splendens 

 
 
Calopteryx splendens in copula ("coeur copulatoire" formé à droite) photos C.Fortune 

 
 
Appareil copulateur (pénis) du mâle de Gomphus sp. : au repos - dévaginé 

 
 
Appareil génital et pièces copulatrices mâles de Sympetrum fonscolombii (photos J.P.Marino) 

 
Appareil génital femelle de Sympetrum fonscolombii (photo J.P.Marino) 

 
 
"Coeurs copulatoires déformés" : Accouplement chez le genre Aeschna (photo D.Pollen)-Accouplement chez Orthetrum cancellatum qui se pass souvent à terre ! 

 
 
"Coeur copulatoire déformé" de Sympetrum vulgatum et Orthetrum coerulescens...(photos J.C.Pomies) 

 
L'accouplement des Orthetrum est assez violent et très..."érotique" ! (photo P.Falatico) 

4-2: Accouplement par chevauchement ou superposition :cas des "Pucerons", très répandu chez les Acridides et les Coléoptères 


 
 
Couple de "Criquets" Pezottetix Giornai (F/ Catantopides) photo H.Robert - Couple de "Chrysomèles Lilioceris lilii sur Lis (photo R.Henry) 

 
Mission accomplie pour ce petit mâle de Pezotettix giornae qui semble lever ses fémurs arrière en signe de victoire ? (photo H.Maleysson) 

 
 
Cicindela campestris in copula ou "je te tiens par les mandibules" ! (photo J.P.Marino) - Couple de Chrysomèlides Timarcha sp. : le mâle a les tarses antérieurs très dilatés jouant le rôle de ventouses pour se coller sur le dos de la femelle plus grosse...(photo P.Straub) 

 
Autre gros plan sur le Cantharide Rhagonycha fulva in copula, très nombreux en été à copuler sur les inflorescences des Apiacées (photo P.Falatico) 

 
 
Autres Chrysomèlides in copula ; Chrysomela populi...(photos P.Falatico) 

 
 
Couple de "Longicornes" Chlorophorus varius (photo L. Bonherbe) - Couple de "Charançons" Larinus sturnus sur capitule de "Chardon" (photo L.Weitten) 

 
 
Accouplement chez un petit Tachinide du Midi : Trichopoda pennipes (photos D.Dubroca et P.Falatico) 

 
 
 
L'accouplement chez Trichopoda pennipes peut se faire la tête en bas pour les 2 partenaires (photo P.Falatico) - Accouplement d'un autre Tachinide : Gymnosoma rotundatum (photo D.Maillot) - Sciomyzides Tetanocera sp. in copula (photo C.Fortune) 

 
Tetanocera elata in copula...(photo M.Le Masson) 

 
Syrphides Helophilus pendulus in copula...(photo P.Falatico) 

 
 
Autres Gymnosoma sp. (proches de G.rotundatum) se préparant à la copulation...(photos J.P.Marino) 

 
 
 
Accouplement, au printemps, chez l'Hyménoptère Megachilide Osmia cornuta (photo H.Robert) - Oedipoda caerulescens in copula : le cas "normal" (photo P.Falatico) et un cas particulier : 2 Oedipodes mâles sur une femelle plus grande (pendant plusieurs heures jusqu'à ce que l'un des 2 abandonne !) (photo M.Chevriaux) 

 
 
Autres Osmia cornuta in copula...(photos P.Falatico) 

 
Un autre "ménage à 3" chez Cantharis lateralis (photo P.Pinson) 

 
 
Le Méloïde Lytta vesicatoria in copula sur Fraxinus dans le Queyras (photos C.Fortune) 

4-3: Accouplement latéral en angle aigu chez les Homoptères Cercopides et Psyllides : 

Les partenaires sont côte à côte : extrémité de l'abdomen mâle courbé vers celui de la femelle, pattes souvent posées sur son dos... 

 
 
Accouplement latéral en angle aigu chez Cercopis sp.-Couple de Cercopis vulnerata (photo L.Weitten) 

 
Autre accouplement latéral chez Tropidithorax leucopterus sur Vincetoxicum hirundinaria (photo A.Delannoy) 

4-4: Quelques cas particuliers : 

 
 
Accouplement de l'Asilide Leptogaster (inspiré de D.Melin) - Accouplement du Mecoptère Boréide Boreus hyemalis : le mâle est sous la femelle 

 
Petis "Ichneumons" (environ 6 mm) in copula sur feuille de Rhododendron en septembre : position confortablement "assise" pour le mâle ! 

 
Autre position originale du mâle agrippé à l'oviscapte de la femelle : Anonconotus baracunensis in copula (photo J.P.Lavigne, Cervières les Fonts, Hautes-Alpes, 2200 m, septembre) 

La sexualité des Insectes est souvent exacerbée et peut présenter des manifestations violentes comme dans les les 2 cas suivants : 

1-"Frénésie sexuelle" chez les mâles d'Halictus scabiosae autour du'une femelle sur Cephalaria leucantha : photos Prisca, Serres, Alpes du Sud, 20/08/2012 

 
 

 
 

2-Les "Essaims copulatoires" sont encore plus violents : des dizaines de mâles se ruent sur une femelle vierge qui vient d'émerger ou en attente d'émergence; ces essaims se disloquent dès qu'un mâle a réussi à s'accoupler: 

 
 
Essaims copulatoires de mâles de Colletes (photos G.Chauvin et P.Falatico) autour d'une femelle vierge émergeant d'une galerie... 

 
Essaim copulatoire de grands Pimplines mâles très excités, antennes dresées, attendant l'émergence d'une femelle à, la sortie d'une galerie sur une bûche (ce rassemblement a duré 4 jours!) 


 
On voit ici la dimension importante du pénis (par rapport au corps) sur cet accouplement de Monochamus galloprovincialis (photo B.David-Testanière) 

Ce pénis ou aedaegus peut aussi se terminer par des crochets ou des épines apicales;il est lié a divers sclérites qui constituent les génitalias mâles (liées au segment 9) dont la morphologie, avec ses variations, est un critère important de déterminaton plus que pour les génitalias femelles (liées au segment 11) où les variations sont plus faibles; les génitalias mâles sont dans une sorte de chambre génitale constituant un complexe phallique (pièces membraneuses et sclérifiées); chez la femelle, on regarde surtout la structure du vagin et la spermathèque; chez le mâle, on observe surtout la structure des valves ou paramères et la structure du pénis (tout ceci par dissection sous la loupe binoculaire) 
Chez les Diptères Dolichopodides, les génitalias des mâles sont importantes et recourbées sous l'abdomen 

 
 
Organes génitaux mâles de Blabera (pénis à crochet terminal)-Pénis d'Hémiptère (photo J.Carayon) 

 
 
 
Schémas simplifiés des génitalias mâles : Coléoptère et Lépidoptère 

 

 
Pénis ou aedaegus du mâle du Lépidoptère Tinéide Tineola bisselliella (photo M.E.B G.Chauvin) 

 
 
Les génitalias mâles en vue ventrale de Dosophila melanogaster...(microphotos de Michel Blaise) 

 
 

 

 
 
Gros plan sur les génitalias mâles de Dolichopus plumipes (photos H.Robert) 

L'accouplement peut être mortel pour l'un des 2 partenaires : cas des "Mantes religieuses" 

 
 
Accouplement de "Mantes religieuses" : à droite la tête du mâle a été dévorée par la femelle mais l'accouplement continue ! 


 
 
Le "baiser" mortel de la femelle pendant ou après l'accouplement (photo A.Laboile) - Autre femelle dévorant le mâle pendant l'accouplement (Photo Relindis) 

 
 

 
 
Gros plans sur la copulation chez Mantis religiosa...(photos P.Falatico) 

5-La reproduction par spermatophore 

On la trouve chez les Collemboles, Thysanoures et autres Orthoptères Tettigoniides... 

Chez les Collemboles, le mâle dépose un spermatophore dans le milieu que la femelle récupère dans ses voies génitales sans contact avec le mâle; chez les Lépismes et Machilis, il y a une sorte de parade nuptiale où le mâle dépose des gouttelettes spermatiques sur un fil de soie tendu près de la femelle jusqu'à ses voies génitales : dans ce cas, les 2 partenaires sont côte à côte; on parle d'"Accouplement en trolley

 
 
Spermatophore de Collembole - Accouplement en "trolley' chez des Lépismes 

Chez les Phanéroptères il y a contact car c'est la mâle qui dépose directement le spermatophore (amas informe spermatique) près de l'oviscapte de la femelle : 

 
 
Spermatophores de "Dectique" et d'"Ephippigère" à la base de l'oviscapte 

 
 
Spermatophores à la base de l'oviscapte : Phaneroptera falcata femelle - Ephippiger ephippiger femelle (photo P.Falatico) 

 
Autre spermatophore à la base de l'oviscapte de Decticus albifrons femelle (photo P.Falatico) 

 
Tylopsis liliifolia : femelle dilacérant son spermatophore...(photo L.Fabre) 
(la femelle mâche l'enveloppe du spermatophore plusieurs heures ce qui provoque la migration des spermatozoïdes dans les voies génitales femelles puis il est dilacéré...) 

Chez certains Papilionides et Nymphalides, le mâle secrète pendant la copulation une substance devenant une pièce cornée moulée sous l'extrémité abdominale de la femelle, le sphragis : cas de Parnassius apollo ci-après 

 
 
Femelle fécondée de Parnassius apollo avec son sphragis collé sous l'extrémité abdominale (photos P.Falatico) 
(chaque forme de sphragis est typique d'une espèce !) 

6-Cas particuliers : 

parthénogénèse : reproduction sans intervention du mâle 
-cas de l'Abeille : la Reine dispose des oeufs car elle pond des oeufs non fécondés (en fermant sa spermathèque) qui donnent des mâles ou "Faux-Bourdons" (parthénogénès arrhénotoque); dans le cas d'une Ruche "bourdonneuse", il n'y a que des mâles qui naissent; ce sont des mâles issus de ponte des ouvrières quand il n'y a plus de Reine, ou d'une Reine trop vieille ayant épuisé sa réserve spermatique 
-cas des Tenthrèdes (Nematines) : les oeufs non fécondés donnent des femelles (parthénogénèse thélytoque
(il peut y avoir les 2 cas à la fois : parthénogénèse deutérotoque; elle peut être cyclique chez les Pucerons...) 

polyembryonnie : séparation des blastomères donnant autant d'embryons (très nombreux chez les Microhyménoptères parasitoïdes comme des Chalcidiens...) 

viviparité : le développement embryonnaire commence dans l'organisme maternel (cas le plus connu chez les Pucerons : cycles complexes avec viviparité, ovoviviparité....) 



Les photos suivantes représentent la ponte chez le Lépidoptère Tinéide Tinea pellionella : 

 
 
progression de l'oeuf dans l'oviscapte - expulsion de l'oeuf (photos M.E.B de G.Chauvin) 

 
Ponte dans le sol du "Criquet bariolé" alpin Arcyptera fusca (photo P.Falatico) 



Résultat de la reproduction : des oeufs (ici surement d'Hémiptères Pentatomides) présentant une extraordinaire variation de taille, forme, couleur et ornementation dont voici un bel exemple couleur plomb sur un mur abrité (photos H.Robert) : 

 
 

Quelques jours plus tard : 

 
 
Surprise : Ce n'est pas une "larve de Punaise" mais un Chalcidien parasite des oeufs qui apparait !! 

 
 
Oeufs de Lépidoptères... 

 
La plupart des oeufs ont éclos et les petites chenilles ont en partie mangé le reste de la paroi de leurs oeufs avant d'être dérangées par un oiseau !! 

 
 
Chenilles de 1er stade dévorant les restes de leurs oeufs avant de se disperser sur les feuilles d'un Aster en juillet... 

 
Détails d"un oeuf joliment ornementé de la Noctuelle commune Noctua pronuba (photo M.E.B G.Chauvin) 

 
 
Autres types de ponte : Coléoptère Chrysomèlide Xanthogaleruca luteola - Hémiptère Réduvide Rhinocoris erythropus...(photos P.Falatico) 

 
 
Autre ponte du Chrysomèlide Lilioceris lilii : 10 oeufs au revers d'une feuille de Lis (photo M.Blaise) - Oeufs d'Hémiptère sur feuille de Laser siler, Apiacée d'altitude...(photo M.Billard, Savoie) 

 
 
Oeufs du Cérambycide Prionine Aegosoma scabricornis (photo P.Falatico) - Ponte d'une femelle d'Hémiptère Pentatomide sur un rameau... 

 
 
Oeufs pédonculés de Névroptère Chrysopide Chrysopa sp. fixés sur une feuille (photo P.Falatico) - Ponte du Chrysomèlide Agelastica alni (photo G.Chauvin) 

 
Totalité des oeufs contenus dans un abdomen femelle de Mantis religiosa...(photo P.Falatico) 

 
-Les oeufs peuvent être contenus à l'intérieur d'une grande coque lamelleuse ou oothèque issue de la ponte spumeuse, qui durcit à l'air, de la "Mante religieuse" qui peut faire 2 ou 3 oothèques ! (photo F.Cregut) 
(des centaines d'oeufs sont déposés dressés au milieu de l'enveloppe; les lamelles médio-supérieures constituent des voies de sortie et des voies aérifères pour les futures petite "Mantes") 

Les oeufs des Tabanides sont fusiformes blanchâtres devenant ensuite progressivement gris puis noirs; les 2 photos suivantes montrent 2 types de pontes sur tiges de Poacées : en bandes verticales régulières ou en masse subconique 

 
 
Ponte en bandes régulières de Tabanus sp. sur une tige verticale (ici photo mise à l'horizontale) - Ponte en masse subconique d'Tabanus glaucopis sur une tige de Brize (Poacée) (photos M.Billard) 

-Chez la plupart des oeufs d'insectes, le pôle antérieur présente une structure au relief pétaloïde au centre duquel s'ouvre les tubes micropylaires (pores par où pénètrent les spermatozoïdes); le dessin de cette rosace est caractéristique de l'espèce et fait partie des critères d'identification (ootaxonomie ou ootaxinomie) comme le montrent les 3 exemples suivants : photos M.E.B de G.Chauvin 

 
 
Pôles micropylaires en rosace de divers oeufs : Noctua pronuba (Noctuide) - Achroia grisella (Pyralide) 

 
 
Autres pôles micropylaires de Tinea infuscatella et Trichophaga tapetzella (Tinéides) ) 

 
Détail du pôle micropylaire de l'oeuf d'Adela sp. 

 
 
Un comportement maternel chez l'Hémiptère Elasmucha grisea : femelle se tenant en permanence sur ses oeufs (et aussi sur ses jeunes larves!) qu'elle protège...(photos D.Dubroca) 

Le plus remarquable des comportements maternels chez les Insectes est peut-être celui des "Perce-oreilles" femelles qui surveillent et retournent régulièrement leurs oeufs et protègent leurs "petits" après la naissance; les photos suivantes de Pierre Falatico, issues d'un "élevage", illustrent bien ce comportement chez la femelle d'Eurobellia modesta : 

 
 
Oeufs de 8-10 jours sous la surveillance de la femelle 

 
 
oeufs de 15 jours - naissance... 

 
 
Les naissances se succèdent sous la surveillance de la femelle 

 
 
Jeunes "perce-oreilles" de 3 jours déjà pigmentés... 

 
Chez la belle "Cochenille" Orthezia urticae, les jeunes restent sous la protection ou au voisinage de leur mère...(photo P.Falatico) 



LES INSECTES EXOGENES ou ALLOCHTONES, ces espèces venues d'ailleurs (1) : quelques exemples 

Des espèces venues d'ailleurs se sont acclimatées en France (surtout dans le Sud) suite à une introduction accidentelle souvent due à l'homme ("Doryphore de la pomme de terre" venu avec le ravitaillement des soldats nord américains au siècle précédent), d'autres se sont acclimatés naturellement peut-être à cause du réchauffement climatique, étés plus chauds et hivers doux ("Lycène du Pelargonium"), d'autres encore ont été introduits dans le cadre de la lutte biologique comme auxiliaires importés (la "Coccinelle chinoise"); 
On ne traite ici que les espèces introduites de façon accidentelle ou naturelle; (la notion d'accidentelle est sujette à caution car souvent cet "accident" aurait pu être évité par mise en oeuvre du principe de précaution comme pour les Longicornes xylophages asiatiques introduits par le biais de leurs larves transportées dans les palettes d'importation asiatiques)... 

Les exemples les plus connus sont bien sûr ceux qui ont eu des conséquences sur le plan agronomique ou sanitaire....mais combien de nombreuses autres espèces dont, pour le moment, nous n'avons pas du tout connaissance; en particulier les plus petites comme les nombreuses "Cicadelles" vectrices de phytoplasmes, à la nuisibilité mal connue, devenues cosmopolites par le biais des échanges mondiaux dans le domaine botanique et horticole... 

 
Imago de Leptinotarsa decemlineata Say, exemple historique bien connu d'espèce exogène d'origine nord-américaine...... 

 
Le "Frelon asiatique" Vespa velutina: une espèce exogène d'actualité qui a rapidement envahi toute la France et qui nourrit tous les fantasmes...(photo P.Falatico) 

Beaucoupe d'espèces nord-américaines ont été introduites aux siècles derniers mais actuellement, ce sont surtout les espèces du Sud qui arrivent en France... 

En complément, voir la page des espèces exotiques observées en Alsace de la Société Alsacienne d'Entomologie (S.A.E) : Insectes exotiques observés en Alsace 

Ne sont donc pas traités ici, les auxiliaires importés..(en 1971, on a introduit dans le Midi un Hyménoptère parasitoïde américain qui a bien joué son rôle, Cales noaki contre l'Aleurode des agrumes Aleurothrixus floccosus, dans les vergers de la région de Nice) 

On peut aussi signaler ici l'extension vers le Nord de l'aire de répartition de certaines espèces indigènes comme le "Xylocope violet", le "Sphinx du liseron"...témoins du réchauffement climatique ? 

1- 4 exemples d'Homoptères exogènes : 

-1-1 : La "Cicadelle pruineuseMetcalfa pruinosa (F/ Fulgoridae) apparue en 1986 dans la région de Marseille et qui envahit les départements du Sud n'est pas une "Cicadelle" mais un Fulgoride; Plus de 300 plantes hôtes et pas un seul prédateur... à part les lézards! En expansion... 
Ces "Cicadelles" forment de véritables "manchons de larves" et "chapelets d'adultes" sur leurs nombreuses plantes-hôtes... 

 
 
 
La "Cicadelle pruineuse" Metcalfa pruinosa (photos D.Lacroze-Marty) 

 
La "Cicadelle pruineuse" et sa larve qui est recouverte d'une pruinosité blanche abondante qui recouvre les rameaux des nombreuse végétaux parasités (photo D.Lacroze-Marty) 

 
 
Autres photos de Metcalfa pruinosa sur Figuier et Catalpa (photos C.Olu) 

 
 
Autres photos de Metcalfa pruinisa sur Bardane dans le Midi (photos J.P.Marino) 

Cette "Cicadelle blanche" produit beaucoup de miellat (responsable de la fumagine sur végétaux) qui est récoltée par les Abeilles pour faire un "miel de Metcalfa" commercialisé (rare exemple de miel d'origine animale et non végétal!)

-1-2 : La Cicadelle du Rhodo" (F/ Cicadellidae) originaire de l'Amérique du Nord s'est développée depuis quelques années sur le Rhododendron provoquant une phytoplasmose : 

 
 
La "Cicadelle du RhododendronGraphocephala fennahi , 9-10 mm, vert, V rouge sur les ailes, provoque une maladie cryptogamique appelée brunissement des boutons floraux ("Bud blight") 

 
Autre vue de la "Cicadelle du Rhododendron" (photo P.Legros) 

-1-3 : F/ Membracidae : espèce néarctique (Amérique du Nord) arrivé en France au siècle dernier et provoquant quelques dégâts sur fruitiers : Le "Membracide bison" (Buffalo treehopper

-Stictocephala bisonia ou "Membracide-bison" (allusion à son thorax bombé !) : 6-8 mm, introduit en Europe, pond sur arbres fruitiers, surtout sur pommier (lésions de ponte arquées profondes nécrosant les tissus); larves sur plantes basses herbacées différentes des adultes (expansions plus réduites), peu mobiles ne sautant pas léchées par les fourmis; les oeufs passent l'hiver 

 
 
Stictocephala bisonia (photos L.Weitten) 

-1-4 : la "Cochenille des agrumes" (F/ CoccidaeIcerya purchasdi a été introduite accidentellement en 1913 (à partir de l'Australie) dans les régions de cultures d'agrumes méditerranéennes au siècle dernier faisant de gros dégâts (en Algérie française du temps de la colonisation)... On a du importer (avec succès!) une "Coccinelle" prédatrice australienne auxiliaire Rodolia (Novius) cardinalis...mais cette "Cochenille" est devenue cosmopolite ! 

 
 
"Cochenille des agrumes" Icerya purchasi femelle (photo A.Guibentif) et son prédateur importé la "Coccinelle australienne" Rodolia cardinalis (photo J.Gouzanet) 

-1-5 : On trouve en France aussi la "Cochenille japonaiseCeroplastes japonicus surtout sur Laurus nobilis mais aussi sur Camellia, Citrus, Malus, Morus...; elle a été introduite accidentellement d'Asie (Japon, Chine) pour arriver en 1985 en Italie et Sud-est de la France; Une femelle peut pondre jusqu'à 25 000 oeufs; les dégâts sur fruitiers diminuent le rendement et la qualité des fruits + développement de champignons à partir du miellat excrété par la Cochenille... 

Les photos suivantes ont été prises dans le Nord de l'Italie en octobre 2008 sur Laurus nobilis : microphotos de Michel Blaise 

 
 
Jeunes femelles, de forme étoilée, de Ceroplastes japonicus sur Laurier noble - Femelle adulte en vue dorsale 

2- 2 exemples d'Hétéroptères exogènes : les "Punaise" Leptoglossus occidentalis et Halyomorpha halys 

-2-1 : Un Coréide exogène 

 
 

 
 
"Punaise" Coréide Leptoglossus occidentalis, 9-30 mm, caractérisée par l'expansion foliacée des tibias postérieurs et les épines fémorales des mêmes pattes (photo P.Falatico) - (photo Poc84 - Vaucluse) 

 
Leptoglossus occidentalis vu de profil avec son long rostre...(photo P.Falatico) 

 
 
Autres exemplaires de Leptoglossus occidentalis : trouvé dans le Vaucluse sur Pin d'Alep (photo J.L.Deval) - Autre individu sur une fenêtre dans les Bouches-du-Rhône (photo P.Schnetzer) 

Cette espèce est actuellement signalée plus au Nord comme en Normandie; elle est aussi en Bretagne : on peut soupçonner l'arrivée de cette "Punaise US" à partir des containers déchargés dans les ports : 

 
 
Autres Leptoglossus occidentalis : trouvée près de Rouen ! (photo P.Burnel) - dans un jardin près de Rennes (photo G.Chauvin, octobre 2010) 

Cet insecte se nourrit de l'endosperme des graines de Pin et Sapin ("Leaf-footed-conifer-seed-bug") et est originaire de la Californie (premières observations en 1910) puis en 1969 au Canada; appariton au Nord de l'Italie en 1990, trouvée récemment dans le Var (2005?), remonte actuellement dans la vallée du Rhône...Elle est maintenant en Belgique ! 

On peut citer aussi un autre Hétéroptère phytophage arrivé d'Amérique du Nord en 1964 en Italie puis 10 ans plus tard dans la région d'Antibes : le "Tigre du plataneCorythucha ciliata qui provoque le jaunissement des feuilles puis le dépérissement des Platanes des avenues...: 

 
Imago du "Tigre du plataneCordythucha ciliata, 3 mm, en hibernation sous les écorces..(photo P.Miéville) 

 
 
Autre Corythucha ciliata (photos P.Legros) 
(sur les Platanes et Erables (Erables platanes et faux-platanes : Acer platanoides (platanus), Acer pseuso-platanus), mais aussi sur Fraxinus et surement d'autres moins communs comme le Mûrier, Le Daphné...) 

-2-2 : Un Pentatomide exogène : 

 
 
La "Punaise diaboliqueHalyomorpha halys, environ 16 mm : morphe type - sur soja (30-8-2013) photos H.Callot 
(ressemble beaucoup à Rhaphigaster nebulosa mais elle n'a pas la longue apophyse ventrale dirigée vers l'avant de cette dernière !) 

D'origine extrème-orientale, peut pulluler et peut s'attaquer aux cultures diverses par sa grande polyphagie (soja, fruits et légumes); arrivée en Europe en 2007 (Zurich) puis à Strasbourg en 2012... 

Les photos suivantes (H.Callot, région de Strasbourg) correspondent aux différents stades de développment d' Halyomorpha halys de la ponte aux juvéniles : 

 
 

 
 

 
 

 
 

3- 1 exemple d'Odonate (F/ Libellulidae) exogène à affinité tropicale : la "Libellule purpurine" : 

 
 
Le "Trithémis anneléTrithemis annulata : mâle rouge flamboyant purpurin sur tout le corps ainsi que les nervures mais pattes noires, récemment observé en Charente Maritime; à ne pas confondre avec le Sympetrum sanguineum mâle à droite (photo Claudette Ovio) 
(ce Trithemis est en forte extension vers le Nord : Afrique du Nord 1968, Espagne 1981, Corse 1989, Midi de la France 1994, région de Bordeaux en 2005; est-ce un témoin du réchauffement climatique ou un indicateur de la dégradation de la qualité des biotopes humides ?? 




4- 3 exemples de Chrysomélidae exogènes : 

-4-1 : Un des exemples les plus connus est celui du "Doryphore de la pomme de terreLeptinotarsa decemlineata : 

-Insecte originaire du Colorado aux USA ("Colorado potato beetle") vivant sur des Solanacées sauvages avec mortalité élevée due à des Hémiptères prédateurs naturels (prédateurs qu"il n'aura pas en France!) 
-Apparition en Europe en 1877 dans la région de Mulheim en Saxe puis en Angleterre en 1901 
-Apparition en France en 1922 près de Bordeaux dans la commune de Pian puis toute la Gironde fut envahie et en 1934, ensuite 22 départements puis toute l'Europe et la Russie dans les années 1960 
(A noter qu'il subit une diapause imaginale obligatoire qui est une hibernation en Europe tempérée et une aestivation dans son pays d'origine!) 

 
 
 
Le "Doryphore de la pomme de terreLeptinotarsa decemlineata, 11 mm, à nouveau en expansion dans certaines régions : adulte, larve et ponte (photo de droite de M.Chevriaux) 

 
 
Larves phytophages de Leptinotarsa decemlineata (10 mm maxi) sur une autre Solanacée, la "Morelle douce-amère"...(photos P.Falatico) 

-4-2 : Un nouveau ravageur venu d'Amérique par avion, la "Chrysomèle du maïsDiabrotica virgifera virgifera : 

Diabrotica virgifera apparu en Europe en 1992 (en Serbie près de l'aéroport de Belgrade) et décelé récemment autour des aéroports parisiens (après avoir été signalé en 1998 en Italie près de Venise) : 
C'est un Coléoptère Chrysomélide, la "Chrysomèle des racines du maïs" : les larves dans le sol mangent les racines et les adultes de 7 mm, jaunes avec des bandes longitudinales noires sur les ailes, tête noire et antennes aussi longues que le corps, se nourrissent des panicules et soies du maïs 

-1999 : mise en place de pièges sexuels à phéromones près des aéroports 
-2 foyers découverts en 2002 en région Ile de France 
-2003 : quelques individus piégés en Alsace 
-2004 : nouveaux individus piégés près de l'aéroport de Roissy 
-2005 : déclaré "Organisme de quarantaine" ! 

 
 

Cet insecte est donc passé de l'Amérique centrale (son pays d'origine) aux USA dans les années 1980 (dégâts importants dans la Corn belt) et en Europe en 1992 : actuellement, on la trouve en France aussi dans la région Rhône -Alpes et en Bourgogne... 

La lutte est obligatoire en France depuis 2002 : "zone focus" d'1 km de rayon autour du point de capture avec obligation d'abandonner la culture pendant 2 ans pour couper le cycle parasitaire; "zone de sécurité" de 5 km de rayon et "zone tampon" de 34 km avec encouragement à la rotation des cultures; aux USA, lutte aussi par maïs transgéniques que certains agriculteurs français réclament pour lutter contre cette chrysomèle ! 

-4-3 : Une chrysomèle venue d'Asie occidentale : Gonioctena fornicata : 

 
Gonioctena fornicata (photo H.Callot) 
(1ère observation en Alsace en 2010 dans des champs de luzerne (vallée du Rhin en 2003); se nourrit de Fabacées; 5-6 mm, peut occasionner des dégâts sur champs de luzene et trèfle en cas de pullulation...) 

5- 1 exemple de Coccinellidae exogène, la "Coccinelle asiatique" ou "Coccinelle chinoise" importée pour la lutte biologique et devenue invasive : Harmonia axyridis : 

Cette espèce a été importée comme auxiliaire en 1982 dans les labos de l'INRA dans la lutte contre les Pucerons sous serres et ensuite commercialisée en 1995 pour la lutte en plein champ auprès des jardiniers...Elle est devenue une espèce invasive entrant en compétiton avec nos Coccinelles indigènes en particulier Adalia bipunctata : elle est plus grande (5-8 mm) plus active et vorace s'attaquant même à leurs larves; sa grande variabilité de coloration l'a fait nommée "Multicoloured Asian Ladybug"... elle progresse depuis les années 2000 et on la trouve maintenant souvent dans le Nord de la France à partir de la Belgique (depuis 2004 dans le Nord-Est de la France!) et elle descend inexorablement vers le Sud de la France... 

 
 
 
Harmonia axyridis descend inexorablement vers le Sud en passant ici par le Centre de la France (Puy de Dôme) : forme novemdecimsignata (19 taches) - larve - forme conspicua (photos D.Choussy) 

 
 
2 types d'Harmonia axyridis au pronotum noir avec 2 bandes blanches : forme novemdecimsignata (photo M.Chevriaux) - forme spectabilis (O.Sigaud) 

 
Autre type au pronotum clair avec "pattes de chat" : forme succinea...(photo M.Chevriaux) 

 
 
Rassemblement d'Harmonia axyridis en novembre (pour hiverner) dans une cave en Ardèche (photos C.Noir) 

 
 
Forme spectabilis d'Harmonia axyridis (photos R.Stas) 

 
 
Forme novemdecimsignata d'Harmonia axyridis, forme la plus répandue...(photos R.Stas) 

 
Cannibalisme chez les larves d'Harmonia axyridis : on imagine les dégâts causés par ces larves voraces sur les populations indigènes de nos Coccinelles, en particulier celle d'Adalia bipunctata (photo P.Legros) 

Les étapes suivantes résument le cyle de reproduction d'Harmonia axyridis : photos de Pierre Falatico issues de son "élevage" 

 
 
 
Harmonia axyridis : larve - nymphe - émergence 

 
 
 
Les variantes obtenues : forme spectabilis - forme novemdecimsignata - forme succinea 

 
C'est reparti pour un tour avec ou sans taches... 

Voir plus de précision sur la "Coccinelle asiatique" : page 11-121 

6- 1 exemple de "Charançon" (Curculionidae) exogène : l'"Apion de la Rose trémière" : 

Il s'agit de Rhopalapion longirostre, environ 7 mm, qui peut proliférer sur les Malvacées ornementales : Althea(Alcea) rosea, Malva arborea...mais semble-t-il pas sur Althaea officinalis ou "Guimauve" ?; la femelle pond en juillet dans les boutons floraux; la nuisibilité n'est constatable qu'en cas de forte pullulation ! Cette espèce est signalée depuis 1982 dans le Midi puis en 1994 en Loire-Atlantique; elle est maintenant dans le Nord-Est de la France comme le prouvent les photos suivantes de Michel BLAISE prises à Sélestat cet automme 2007... : 

 
Mâles et femelles de Rhopalapion longirostre trouvés en nombre sur Althea rosea 

 
 
Rhopalapion longirostre : femelle un peu plus grande au long rostre - mâle au rostre plus court (photos M.Blaise) 

6-2 Autre "Charançon" exogène : le "Charançon rouge du Palmier" : 

Il s'agit de Rhynchophorus ferrugineus, de 2 à 4 cm d long, corps orangé-rouge et taches noires sur le pronotum (le mâle a un partie du rostre avec un feutrage foncé, celui de la femelle est glabre!); espèce asiatique tropicale apparue en Espagne en 1993, en Italie en 2004 et en France en 2006; plusieurs foyers actuels dans le Var sur le "Palmier dattier" et le "Palmier des Canaries"; les symptômes sont peu visibles car la colonie est dans le palmier qui va finir par mourir ou chuter sous l'action du vent... 

 
Rhynchophorus ferrugineus (extrait d'un document F.A.O) 

 
 
 
Autre Rhynchophorus ferrugineus d'Italie...(photos J.M.Chauvin) 

6-3 "Charançon de l'Eucalyptus" : 

 
Cyclomine Gonipterus scutellatus ou "Charançon de l'Eucalyptus", environ 12 mm, importé d'Australie en 1977 dans les Alpes maritimes; localisé...un parasite foliaire grave de l'Eucalyptus (photo J.Bailloux, Var) 
(Défoliation des feuilles jeunes par les stades larves et adultes donc ce sont les plants jeunes qui sont détruits !) 

-7-1 : Les "Capricornes" asiatiques importés accidentellement en France Anoplophora glabripennis et Anoplophora chinensis : 

 
 
Les 2 Longicornes xylophages d'origine asiatique arrivés en France :Anoplophora glabripennis (élytres lisses) et Anoplophora chinensis (élytres plus granuleux), 17-38 mm, élytres bleu-noir 
une menace pour la forêt et les arbres fruitiers ? 
(localisé en mai 2003 dans le Loiret) , importé essentiellement de Chine avec les végétaux type bonsais ou palettes faites de pièces de bois mal écorcées et non traitées 
Classé comme "ravageur de quarantaine" non présent dans l'Union européenne d'où réglementation draconienne : lutte obligatoire et permanente... 
(photo P.Raynaud et article dans Phytoma, juin 2003) 

peuventt attaquer Erable, Marronier, Peuplier, Saule...et ?? 

-7-2 : Le "Foreur de l'Eucalyptus" Phoracantha semi-punctata : 

 
 
Phoracantha semipunctata, 14-30 mm, introduit d'Australie autour du bassin méditerranéen, xylophage de l'Eucalyptus (larve dans galerie entre écorce et aubier, nymphose dans le bois), dégâts pouvant être importants en Espagne et au Maroc sur les peuplements d'Eucalyptus...(photos J.P. Aymon) 

2 autre Cérambycides Clytines sont arrivés dans le Sud de la France ces dernières années : Xylotrechus stebbinghi et Xylotrechus smei (mais ce serait la même espèce pour certains auteurs ??) qui envahissent le Sud méditerranéen (avec le Phoracantha...) originaire du Nord de l'Inde et qui a été introduit il y a quelques années en Europe, Amérique du Nord et Afrique; c'est aussi un xylophage ... : 

 
Un nouveau xylophage dans le Sud : Xylotrechus smei(stebbinghi) (photo transmise par A.Lequet) 

 
Xylotrechus smei(stebbenghi) sur un tas de bûches dans le Gard (photo N.Bonnet) 

-8-1 : Un petit Cléride Paratillus carus originaire d'Australie et de Nouvelle Calédonie importé en Europe et dans le monde dans les années 2000 avec les cargaisons de bois...semble être un peu partout en France maintenant...: 

 

 
Paratillus carus : élytres bleu foncé avec base et apex bruns et fascie blanc jaunâtre au milieu...(photos M.Blaise) 

-8-2 : Un petit Bruchide Megabruchidius tonkineus, locataire des fruits du "Févier", importé récemment d'Asie du Sud-Est : 

 
 
Un Bruchide allochtone importé d'Asie (Nord du Vietnam, ex Tonkin) observé en France dans le Sud en 2007 pour la 1ère fois : Megabruchidius tonkineus, environ 5 mm, sorti de cosses de Févier d'Amérique (Gleditsia triacanthos) récupérées dans un parc à Aix-en-Provence (photos Prisca) 




8- 4 exemples de Lépidoptères exogènes : 

-8-1 : F/ Lycaenidae Polyommatinae, Le "Brun du Pelargonium" ou "Lycène des géraniumsCacyreus marshalli apparu en France en 1997 (mentionné dans la région d'Amélie-les-Bains) 

Un Lycaenide Polyommatine d'origine sud-africaine, de 2,6 cm d'envergure, a été introduit dans le Sud de la France en 1997 et devient un "ravageur" en puissance du Pelargonium ("Geranium" lierre et zonale) : Cacyreus marshalli ou "Brun du Pelargonium" (brun bordé de blanc avec une queue postérieure, comme les "Thècles", précédée d'un petit ocelle; dessous gris brun et blanc); les chenilles sont jaunes à vertes avec ou sans taches roses et dévorent les boutons floraux...il peut y avoir 3 générations par an... 

 
 
Le verso des ailes du "Brun du Pelargonium" est caractéristique et unique chez les Lycaenides indigènes (photo P.Falatico) 

 
 
Autres photos de Cacyreus marshalli 

 
 
Autre exemplaire de Cacyreus marshalli...(photos J.C.Pomies) 

 
Revers de Cacyreus marshalli...(photo S.Rolandez) 

On le retrouve actuellement au Nord de Lyon... 

-8-2 : F/ Gracillariidae, la "Mineuse du marronier d'IndeCameraria ohridella 

 
Cameraria ohridella : Mineuse du Marronnier d'Inde en extension depuis 1998 à partir de l'Est (découverte en 1984 en Macédoine, lac Ohrid) ; 3-5 mm de long, provoque la chute prématurée des feuilles (la phéromone a été synthéthisée) photo S.Augustin 

 

 
 
Larve isolée (3-4 mm) de Cameraria orhidella (photos P.Falatico) 

 
 
Cameraria orhidella, environ 3 mm...(photos P.Falatico) 

Cameraria ohridella cause des problèmes pour les marronniers des jardins publics et avenues : Les chenilles se développent dans les feuilles (50 à 60 galeries par feuille) du Marronnier d'Inde qui tombent dès le mois de juillet. Si l'arbre ne meurt pas, il est affaibli et devient plus sensible aux autres parasites ou ravageurs (champignons, insectes ravageurs...) 

-8-3 : Le 26 octobre 2001, un autre petit papillon (F/ Cosmopterigidae), Anatrachyntis rileyi a été aperçu pour la première fois en France dans le Var : ravageur qui se développe sur le maïs et les citronniers cultivés (fréquents sur la Côte d'Azur) 

...et le "petit Monarque d'AfriqueDanaus chrysippus est arrivé dans le Sud de la France...(et de nombreuses espèces d'Afrique du Nord sont maintenant courantes en Espagne !) : 


 
Le "petit MonarqueDanaus chrysippus : grand migrateur, sporadique sur les côtes méditerranéennes (photo M.Chevriaux) 

-8-4 : "Le Clandestin des palmiersPaysandisia archon : Un grand papillon (envergure jusqu'à 11 cm), originaire d'Amérique du Sud, aux ailes amples et antennes en massue, lié aux Palmiers, est signalé en 1999 dans le Var et se trouve actuellement dans le Sud-Ouest et pourrait aussi se trouver prochainement sur les nombreux palmiers de la côte atlantique jusqu'à la Bretagne ! (on l'a trouvé dans le Sussex en Angleterre !) Les larves blanchâtres (jusqu'à 8 cm de long) perfore les palmes à leur base et provoque le dessèchement du palmier : 

 
 
"Le Clandestin des palmiersPaysandisia archon, espèce exogène éradiquée systématiquement en Europe...(photos J.P.AYMON) 

 
 
Autre Paysandisia archon, dans le Gard (photos P.Legros) 

 
 
Autre Paysandisia archon faisant une longue pose sur un portail au Nord de Montpellier (photos D.Muller) 

-8-5 : "Le papillon perceur de la tomate" ou "Mineuse de la tomateTuta absoluta : un petit Gelechiide (6-7 mm de long, envergure 10 mm, identifiable uniquement par dissection des génitalias !) venu d'Amérique du Sud est arrivé en 2006 en Espagne puis en 2007 sur le pourtour méditerranéen (Maghreb, Italie, Corse, Côte d'Azur) : la chenille perce les feuilles, les tiges et les fruits de diverses Solanacées dont la tomate mais aussi aubergine, pomme de terre... (40 % de pertes aux Canaries sur tomates !); il arrive au Sud de Nantes, se reproduit très vite (jusqu'à 10 générations par an); un parasitoïde Trichogramme est déjà commercialisé depuis 2009, traitement associé avec la "punaise" Macrolophus; il est maintenant inscrit comme organisme de quarantaine (EPPO A1 List) 

 
Tuta absoluta ressemble à un Gelechiide type, gris argenté avec taches brunes alaires... (photo Certis) 

-8-6 : La "Pyrale du buis" (Crambide), originaire d'Europe méridionale; apparue en 2005 en Allemagne puis en 2009 en Alsace; a envahi de nombreuses régions de France; chenilles pouvant faire de gros dégâts sur le buis et le faire dépérir par défoliations successives : 

Actuellement 51 départements touchés; on étudie la lutte biiologique par piége à phéromones ou utilisation du Bacillus thuringiensis 

 

 
La "Pyrale du buisCydalima (Diaphana) perspectalis envergure 40 mm, forme courante blanche et brune (il existe une forme brune) 

 
 

 
 
Forme blanche et brune de la "Pyrale du buisCydalima perspectalis...(photos P.Falatico) 

 

 
 
Forme brune de la "Pyrale du buisCydalima perspectalis...(photos P.Falatico) 

 
 
Chenille de Cydalima perspectalis sur buis...(photos H.Callot) 

 

 
Autres chenilles de la "Pyrale du buis"...(photos P.Falatico) 

 

 
 
 
Chrysalides de la "Pyrale du buis"... 

 
 
Chrysalides de la "Pyrale du buis" : en formation - émergence (photos P.Falatico) 

 
 
 
Dégâts des chenilles sur le buis...(photos P.Falatico) 

9- 2 exemples d'Hyménoptères exogènes : 

-9-1 : Le "Frelon asiatique" (importé surement accidentellement à partir de vases chinois venant du Yunnan en container) F/ VespidaeVespa velutina ou "nigrithorax" ou "Frelon à pattes jaunes" a une progression fulgurante depuis 2005 en Aquitaine (Lot-et-Garonne) et a atteint le Grand Ouest et récemment, en octobre 2011, le Nord ! ; il se reconnait de notre Frelon par la fine ligne jaune séparant les 2 premiers segments abdominaux et la large bande orangée sur le 4e segment abdominal; un des plus importants prédateurs d'Abeilles ouvrières (environ 30 mm de long) 

 
 
Une nouvelle espèce de Frelon asiatique récemment introduite dans le Sud-Ouest : Vespa velutina (photo M.Tricot) 
(se rencontre en compagnie du Frelon européen et a les mêmes moeurs!) 

Voir le premier article publié en France sur ce sujet par Jean Haxaire : Revue "La Santé de l'Abeille" 

 
 
Vespa velutina ; en vol - tête vue de face (photos J.Haxaire) 

 
 

 
Autres vues de la face de Vespa velutina...(photos P.Falatico) 

 
Nid de Vespa velutina (photo J.Haxaire) 

Le "Frelon asiatique" est déjà en Ile-de-France ! : il progresse vite vers le Nord puisque le 1er nid a été découvert dans un cerisier au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) en septembre 2009, puis en 2010 en Bretagne et en novembre 2011 dans le Nord !) 

 
 
Cet autre nid a été trouvé à 20 Km à l'est de Quimper, par Françoise Pasternak, dimanche 28 février 2010, solidement fixé par des " pattes" sur une toile entreposée dans un hangar ouvert; il était de la taille d'un demi-ballon de football... 

Le "Frelon asiatique" continue donc son expansion vers le Nord; on affirme au Muséum qu'il progresse de 100 km chaque année ! 

 
 
Montage-photo de P.Falatico 

-9-1' : F/ Mégachilides : Une "Abeille asiatique" de grande taille arrivée dans le Sud-Est de la France Megachile sculpturalis ayant un comportement prédateur vis-àvis des "Abeilles" indigénes : 

 
 
Megachile sculpturalis femelle (photos P.Falatico, Drôme) 

 
 

 
Gros plans sur la tête bien armée de la femelle de Megachile sculpturalis (photos P.Falatico) 
("débarquée" du port de Marseille en 2008 originaire d'Asie orientale, aux USA en 1994, peut atteindre 20 mm; cellules larvaires, séparées par de la résine, dans des tiges de bois avec cavités préexistantes; espèce polylectique) 

-9-2 : F/ Cynipidae : Un Cynips gallicole dangereux vient peut-être d'atteindre le Sud de la France venant du Piémont : Le"Cynips du chataignierDryocosmus kuriphilus 

Un nouveau fléau pour les châtaigniers européens ? : 

Le "Cynips du châtaignierDryocosmus kuriphilus, corps noir, bases des antennes et des pattes plus claires, mandibules bruns jaunâtres... (cycle à 1 génération ou univoltin de femelles parthénogénétiques) provoque la galle des bourgeons (5-20 mm, de couleur verte teintée de rose) et peut diminuer fortement la productivité des chataigneraies; l'importation et l'introduction de plants, boutures, greffons... de châtaignier en provenance de zones non indemmes (Italie)..et toute nouvelle plantation de plus de 20 unités de châtaigniers doivent être déclarés au SRPV de la DRAF ! Il a été introduit au Piémont en Italie depuis 2002 et est, pour le moment,en principe, absent du territoire français !; on envisage une lutte biologique à l'aide d'un Torymide hyperparasite des larves du Cynips : Torymus sinensis (voir les Chalcidiens Torymides page 14ter-32

 
 
Galles du "Cynips du châtaignier" sur feuilles et fruits (photos LNPV) 

 
 

 
 
Dryocosmus kuriphilus et ses galles sont maintenant dans le Sud de la France !! (photos H.Robert) 

 
 
Le "Cynips des galles du chataignierDryocosmus kuriphilus, 3-4 mm...(photos P.Falatico); voir aussi page 40bis-1 

-9-3 : Des espèces de Sceliphron (F/ Sphecidae) ont été aussi introduites accidentellement il y a quelques années : 
-Sceliphron curvatum (d'Asie en Europe)-Sceliphron caementarium (d'Amérique du Nord au Sud de le France en 1970)... 

Les photos suivantes de Michel Blaise montrent les principaux critères d'identification de Sceliphron curvatum sur un exemplaire capturé dans l'Est de la France (Sélestat) : 
(cette espèce invasive, trouvée pour la premiière fois en Autriche en 1990, s'est peu à peu répandue en Europe venant de l'Est; en France, on la trouve sur la partie dans le Sud-Est, l'Est et le Nord-Est) 

 
 

 
 

-9-4 : On pourrait citer ici 2 autres Hyménoptères (F/ Formicidae) : "Fourmis" devenues cosmopolites à partir de leur foyer d'origine, la "Fourmi d'ArgentineLinepithema humile supposée venir de l'Amérique du Sud et la "Fourmi des pharaonsMonomorium pharaonis supposée venir de l'Egypte et ayant envahi la France vers la fin du XIXe Siècle... 

 
 
2 "Fourmis domicilaires" devenues cosmopolites : la minuscule et bien connue "Fourmi d'Argentine" et la "Fourmi des pharaons" ... 

 
 
Autres vues de la "Fourmi d'ArgentineLinepithema humile, toujours en expansion...(photos J.Gouzanet) 

-9-5 : Il faut aussi noter le cas des Chalcidiens Torymides Megastigmus invasifs exotiques, aux larves séminiphages, importés d'Amérique du Nord qui parasitent les graines d'arbres et arbustes et peuvent poser problème pour la régénération et la variabilté des peuplements forestiers européens (surtout Conifères); on a identifié par exemple à l'Arboretum des Barres, géré par l'ENGREF, 2 espèces inédites (Megastigmus milleri et rafni); de nombreuses études sont en cours : Megastigmus spermotrophus ravageur ds graines du Sapin de Douglas et Megastigmus pinus...Les femelles de ces espèces invasives de Torymides (d'environ 3 mm) ont un long ovipositeur capable de déposer leurs oeufs dans les graines du Conifère en traversant les écailles des cônes 

10-exemples de Diptères exogènes : 

-10-1 : Originaire des Etats-Unis, la "Mouche du brou de la noix", le Téphritide Rhagoletis completa, environ 5 mm, , a été introduit en Europe à la fin des années 1980 (Italie, Allemlagne, Suisse...); signalé en France pour la 1ère fois en août 2007 
(c'est un "ravageur" dans le cas d'attaques précoces provoquant la moisissure des cerneaux...) 

 
 
Rhagoletis completa : Larves ("asticots") de la "Mouche du brou de la noix" - 2 adultes d'environ 5-6 mm ...(photos P.Falatico) 

-10-2 : Un Drosophilide exogène récent : Drosophila suzukii : voir aussi page17bis sur fraises 
(espèce arrivée dans le Midi et le Sud-Est en 2011 (en Corse en 2010) venant d'Asie et devient préoccupante en arboriculture fruitière et en viticulture : se nourrit aux dépens des arbustes à fruits rouges, des arbres fruitiers (surtout les cerises), des raisins, des fraises; les larves se nourrissent de la pulpe ds fruits et provoquent la "pourriture acide" notamment dans le Sud-Est : 

 
 
Drosophila suzukii, mâle (2,6 à 2,8 mm) avec sa tache apicale que n'a pas la femelle qui est un peu plus grande (photos M.Le Masson) 

 
Autre Drosophila suzukii mâle...(photo P.Falatico) 

 
Drosophila suzukii femelle aux gros yeux ronds rouges...(photo M.Le Masson) 

 
 
Autres Drosophila suzukii femelles , forme plus foncée à droite (photos P.Falatico) 

 
Pupes de Drosophila suzukii...(photos P.Falatico) 

Cette espèce a maintenant pratiquement envahi toute la France : exemple en Alsace 

 
 
Larves de Drosophila suzukii à l'intérieur des framboises (photos R.Lehmann, Alsace) 

 
 
Mâles et femelles de Drosophila suzukii (photos R.Lehmann, Alsace) 

 
Drosophila suzukii mâle...(photo R.Lehmann) 
(R.Lehmann a perdu par ce ravageur environ 30 kg de cerises et la quasi-totalité de ses framboises, 20 - 25 kg !) 



Parmi les "ravageurs des cultures", on peut signaler le problème actuel de la "Mouche mineuse du poireau" et des autres Aliacées (oignon, ciboulette...), venue d'Europe de l'Est, de la Famille des Agromyzides, Phytomyza (Napomyza) gymnostoma dont les larves ("asticots") sont à l'intérieur du "blanc" du poireau; depuis 20 ans, des dégâts sont signalés un peu partout en Europe (1976 : Pologne, Danemark, Suède, 1994 : Autriche, 2003 : Suisse, Royaune Uni, France : Alsace); on peut s'attendre à voir son importance augmenter dans toute l'Europe occidentale et méditerranéenne... 
Il y a 2 principales "mouches mineuses du poireau" : la "Mouche de l'oignon" Hylemia antiqua (famille des Muscides) et la "mouche mineuse du poireau" Napomyza gymnostoma (famille des Agromyzides): Chez Hylemia, les pupes de 2e génération passent l'hiver à 5-10 cm dans le sol et chezNapomyza, les pupes passent l'hiver attachées aux tissus de la plante comme sur la photo ci-dessous : 

 
 
Pupe de la nouvelle "Mouche mineuse du poireau" : Phytomyza (Napomyza) gymnostoma...(photos C.Bruvier) 

 
Pupe brun rougeâtre (environ 3,5 mm) de la "mouche mineuse du poireau" et des Allium : Phytomyza gymnostoma 
(logée dans les tissus de la feuille jusqu'à émergence de l'imago; en comparaison, la "mouche de l'oignon" a des pupes situées dans le sol et mesurant 6,5 mm...) 

 
 
La "mouche mineuse du poireauPhytomyza gymnostoma femelle, environ 3 mm, tête avec du jaune, front jaune entre les yeux, balanciers et partie ventrale abdominale jaunes, pattes noires sauf les genoux jaunâtres (photos M.Billard) 
(dégâts sévères dans les parcelles de poireaux en Savoie à l'automne 2011 !) 



mais il y aurait beaucoup d'autres exemples d'espèces devenues cosmopolites et il y aura dans l'avenir beaucoup d'autres exemples d'espèces exogènes inconnues atteignant la France; là aussi c'est la mondialisation... 





INSECTES et "ESCARGOTS" : Insectes malacophages et hélicophiles (1) 

Les Mollusques, en particulier les Gastéropodes Hélicides terrestres et aquatiques, jouent un rôle important dans ces écosystèmes : ils servent de nourriture à beaucoup d'Invertébrés (larves et adultes) et leur coquilles vides peuvent aussi servir de "nids" à diverses espèces d'"Abeilles solitaires" (Osmies, Odynères, Anthidies...); certains de ces Mollusques sont des réservoirs (hôtes principaux ou intermédiaires) de parasites importants responsables de maladies graves surtout en pays chauds (Fascioloses, Bilharzioses...) d'où l'intérêt, en entomologie appliquée, de l'étude des Diptères malacophages (larves de Sciomyzides, de Sarcophagides...) dans la régulation de ces parasitoses : une sorte de lutte biologique à mettre en oeuvre contre le système Mollusque-Fasciolose par exemple... 

1-Insectes prédateurs d'"Escargots" : quelques exemples de malacophages 

Avant de passer aux Insectes, on peut citer des Arachnides : des espèces d'Opilions Trogulides de la litière sont malacophages : 

 
 
Opilons Trogulides malacophages : Trogulus sp. (photo de gauche de P.Falatico) 

1-1-Coléoptères Drilidae (Drilides) : 

cette petite Famille, proche des Lampyridae (Lampyrides), possède des larves primaires actives chitinisées et hérissées de longs poils bruns qui paralysent et se nourrissent de l'"escargot" du genre Helix; puis cette larve se transforme en grosse larve secondaire molle à pattes réduites courbée en arc dans la coquille vide; la nymphose se fait dans la même coquille en général... (a noter que la femelle, rare, est aptère et larviforme et pond ses oeufs sur le sol) 

 
Larve primaire active de Drilus avec ses longs poils bruns qui va dévorer un escargot et se tranformer en larve molle arquée dans la columelle pour y subir tout son cycle de développement (hypermétamorphose)...(photo M.Chevriaux) 

 
Autre larve de Drilus concolor (photo P.Falatico) 

 
 
Larve de Drilus concolor dévorant un "escargot" sur une feuille...(photos P.Falatico) 

1-2-Coléoptères Lampyridae (Lampyrides) : 

Les larves de Lampyrides ("ver luisant") et aussi les adultes mordent la proie avec leurs mandibules en crocs suceurs et injectent des sucs digestifs et une substance anasthésiante : digestion extra-orale provoquant la liquéfaction des tissus...ce sont les larves qui en font la plus grande consommation en choisissant des Helix pas trop gros (elles possèdent un segment tubulaire terminal avec des languettes-ventouses se collant sur la coquille); mais leur cycle de développement, au contraire des Drilides, se fait sur le sol en dehors de la coquille... 

 
 
Tête de larve de Lampyris noctiluca avec ses crochets mandibulaires à canal salivaire de digestion extra-orale (petits Gastéropodes)-vue de dessous (photos M.Verolet) 

 
 
Larves du "Ver luisant" à la recherche d'un petit Gastéropode... (photos J.C.Bernard et P.Burgun) 

Les photos suivantes (de P.Falatico) montrent l"attaque" d'un Helix par une larve de Lampyris noctiluca mise préalablement à la diète pendant 5 jours : la larve subitement part à sa poursuite et hop! premier coup de mandibules; l'escargot rentre dans sa coquille en "moussant", le "ver luisant" fait le tour du propriétaire et lui monte sur le dos; il attend patiemment que l'escargot ressorte la tête et là remorsure; la suite est vite comprise : Il a passé la journée à consommer la bête et a quasiment doublé de grosseur à la fin du repas... 

 
 

 
 

 
 
-larve de "Ver luisant" dans un escargot mort (photo G.Chauvin) - Le "Ver luisant" peut aussi s'attaquer à un autre très gros Gastéropode...(photo P.Falatico) 

1-3-Coléoptères Silphidae (Silphides) : 

les larves et adultes de certains "Silphes" se nourrissent de petits "escargots" : Silpha carinata se nourrit plutôt d'"escargots" et limaces écrasés mais Ablattaria et Phosphuga atrata se nourrissent de Gastéropodes vivants...Ce dernier présente une adaptation à la prédation de ces Mollusques par allongement de la tête (cychrisation)... 

 
 
Le "Silphe communSilpha carinata, 20 mm, prédateur de Mollusques- Le "petit Silphe noirPhosphuga atrata,environ 15 mm, tête allongée pour "fouiller" les coquilles de petits escargots...(photo L.Weitten) 

 
 
Un Silphide forestier héliciphage Ablattaria sp. (photo M.Chevriaux) - larve de Silphe dévorant un Helicella variegata...un de ceux qui garnissent par milliers les tiges des Poacées et arbustes de la garrigue en été (photo J.P.Marino) 

 
Autre larve de Silphe dévorant un petit "Escargot" sur une tige...(photo P.Falatico) 

A noter que certains Coléoptères Staphylinidae ("Staphylins") et que les Dermaptères ("perce-oreille") peuvent être aussi malacophages... 

1-4-Coléoptères Carabidae (Carabiques) : 

-Le "Carabe chagrinéCarabus (Procrustes) coriaceus, 25-37 mm est un des plus grands "Carabes" héliciphages 
-Cychrus rostratus est un "Carabe" présentant une nette cychrisation adapée à "fouir" dans les coquilles habitées... 

 
 
 
 
Bel exemple de cychrisation chez un Cychrus héliciphage-Cychrus caraboides (rostratus), 15-16 mm - Le "Carabe chagrinéCarabus (Procrustes) coriaceus, 25-37 mm, un des plus grands "Carabes" héliciphages non cychrisés (photos P.Falatico et J.Loubier) 

-L'exemple le plus connu correspond au "Carabe doréCarabus auratus ou "Vinaigrier" : les larves et adultes pratiquent la digestion extra-orale (tissus imprégnés de sucs digestifs puis absorbés liquéfiés...) 

 
 
Un "Carabe" héliciphage qui était autrefois commun dans les jardins : Le Carabe doré Carabus auratus ou "Jardinière" ou "Vinaigrier" (photo de droite M.Chevriaux) 
(4 premiers articles antennaires et pattes rousses, tarses toujours plus foncés); la prédation s'excerce sur les jeunes individus d'Helix aspersa ("Petit Gris")... 

 
 
Autres photos de Carabus auratus...(photos J.P.Citti et P.Falatico) 

1-5-Larves malacophages des Diptères Sciomyzidae (Sciomyzides ou Tétanocérides) : "Slug-killing fly" ou "Snail-killing fly" 

Ces larves s'attaquent aux Mollusques terrestres et aquatiques : Tetanocera ferruginea s'attaquent aux Mollusques dulçaquicoles (Limnea troncata réservoir du Ver Distomien ou "Douve" Fasciola hepatica); Les larves de Coremacera sp. s'attaquent aux petits Mollusques terrestres, les larves d'Elgiva parasitent des Mollusques d'eau douce (Limnées, Planorbes), les larves de Limnia unguicornis parasitent des Succinées et des Limacides, les larves de Pherbina parasitent des Mollusques aquatiques (Limnées et Succinées).... 
( des Sepedon africains sont anneliphages et/ou malacophages...) 

Comportements alimentaires des larves (d'après Berg et Knutson) : 

-espèces aquatiques prédatrices de Limnées, Physes et Planorbes : Elgiva-Sepedon... 
-espèces aquatiques prédatrices de Bivalves Sphaeridae : Renocera... 
-espèces terrestres parasitoïdes de Gastéropodes : Tetanocera-Pherbellia... 
-espèces terrestres parasitoïdes de "Limaces" : Tetanocera elata-Euthycera chaerophylli 
-espèces prédatrices d'oeufs de Limnées : Antichaeta 

 

Il y a donc des recherches actuelles importantes concernant, par exemple,les impacts des larves de Sciomyzides du genre Tetanocera sur le système Limnea troncata-Fasciola hepatica 

 
 
2 Gastéropodes aquatiques d'eau douce pouvant être parasités par des larves de Sciomyzides : Limnea sp - Planorbis sp.... 

 
 
 
3 espèces de Limnées (coquilles vides avec leur longueur moyenne) parasitées par divers genres de larves de Sciomyzides - Limnaea stagnalis 

 
 
Limnia et Elgiva : 2 genres de Sciomyzides dont les larves parasitent les petits Gastéropodes dulçaquicoles (Limnées, Succinées, Planorbes...) photos M.Chevriaux et P.Falatico 

 
 
Autres Sciomyzides aux larves malacophages : Pherbina coryleti - Tetanocera sp....(photos C.Fortune et J.P.Marino) 
(Pherbina coryleti est une espèce bretonne vivant dans les endroits marécageux où les adultes sont sur les "Roseaux" et les "Scirpes"; leurs larves tuent et consomment une grande variété de mollusques aquatiques (Anisus-Limnea-Biomphalaria...) et terrestres (Cionella-Discus-Oxychilus...) 

1-6-Larves malacophages des Diptères Calliphorides et Sarcophagides : 

On peut citer ici un exemple connu depuis longtemps et étudié : Melinda caerulea parasite du Mollusque Helicella virgata : 

 
 

 
Autre Helicellide proche : Helicella itala...(photo P.Falatico) 

Les photos suivantes d'Alain Peuch montrent le prédatisme d'un Sarcophaga sp. exercée sur un Helix aspersa : la coquille a été cassée pour en extraire 12 grosses larves ("asticots") dont l'élevage a donné des pupes puis des imagos ci-après : 

 
Sur cette photo, on voit la coquille cassée, des larves, des pupes et des adultes de Sarcophaga sp. 

 
 
Sarcophaga sp. : larves - pupes 

 
 
Sarcophaga sp. issu des pupes précédentes : femelle - mâle 



2-"Abeilles solitaires" nidifiant dans des coquilles vides d'Hélicides terrestres : 

On peut parler ici d'espèces hélicophiles 

3 genres d'"Insectes résiniers" ou "cimentiers" Hyménoptères nidifient dans ces coquilles vides : Osmia et Anthidium (Megachilines), Odynerus (Euménines) 
(Les "Anthidies" utilisent la résine pure pour la séparation des cloisons et la résine mélangée à des graviers ou débris divers pour l'opercule; les "Osmies utilisent un "ciment végétal" fait de feuilles broyées avec de la salive...) 

C'est le célèbre H.Fabre qui a observé en détail en premier les moeurs des "Anthidies résinières" comme Anthidium septemdentatum... 

Plusieurs genres de coquilles d'Hélicides terrestres peuvent être utilisés : Helix (H.aspersa, H.nemoralis, H.cespitum, H.pomatia...), Cepaea, Arianta, Zebrina, Bradybaena... 

 
 
 
 
principales espèces d'Hélicides terrestres dont les coquilles vides sont "visitées" par des "Abeilles solitaires" 

 
 
Autres photos de l"Escargot des bois" (Cepaea nemoralis) et du "Petit-Gris" (Helix aspersa

 
 
Cepaea hortensis forme lutea - Cepaea nemoralis...(photos P.Falatico) 

 
 
2 petits "Escargots" du bord des eaux : Oxychilus helveticus - Trichia hispida...(photos P.Falatico) 

2-1-"Osmies cimentières" nidifiant dans les coquilles d'Hélicides terrestres : 

principales espèces hélicophiles concernées : Osmia bicolor-Osmia aurulenta-Osmia rufohirta-Anthocopa andrenoides-Anthocopa spinulosa... 

L'exemple le plus sonnu est celui de l'"Osmie bicoloreOsmia bicolor, 10 mm, dont la femelle part en quête de coquille vide au printemps : elle construit son "nid" dans une coquille de petit Hélicide recouverte ensuite (une fois retournée) de débris végétaux ou d'aiguilles de pin; elle fait provision de nectar et de pollen, nourriture déposée dans les spires les plus étroites, pond puis construit un opercule pour boucher la cellule (ciment végétal mélangé à des petites particules comme des graviers et morceaux de bois) 
Il y a donc 1 cellule par coquille (exceptionnellement 2) de petit Hélicide (Cepaea, Arianta, jeune Pomatia...)... 

 
 
Osmia bicolor, trapue avec poils noirs sur le thorax et rouille sur l'abdomen... (photos M.Chevriaux et J.M.Michalowski) 

 
 

 
 
"Nid" d'Osmia bicolor fait d'aiguilles de pin et de fragments végétaux recouvrant la coquille cachée non visible...(photos A.Montoya) 

Osmia rufohirta a aussi 1 cellule par coquille, sa taille plus petite (8 mm) fait qu'elle utilise surtout des Helicella; elle déplace aussi la coquille pour la cacher dans une touffe d'herbe ou sous une pierre adéquate... 

Osmia aurulenta, 10 mm, confectionne des nids de plusieurs cellules par coquille, ne déplace pas la coquille (surtout des coquilles plus grandes comme Helix pomatia); des Hyménoptères Chrysides peuvent parasiter ces nids en pondant dans une cellule pendant la phase d'approvisionnement ! 

 
 
Autre "Osmie" mâle inspectant une coquille vide de Cepaea (Osmia aurulenta ou Osmia rufohirta ??) photos M.Chouillou 

la plupart des ces "Osmies hélicophiles" sont plus ou moins menacées par la régression de leurs biotopes : pelouses mixtes sèches calcaires au milieu ou à l'orée des bois... 

Espèces hélicophilesType de nidsCoquilleParasitisme du nid
Osmia bicolornid unicellulairedéplacée et recouvertepeu parasité
Osmia rufohirtanid unicellulairedéplacée et cachéepeu parasité
Osmia aurulentanid pluricellulairenon déplacéefortement parasité (Chrysides)


Pour plus d'informations sur le comportement de ces Osmies cimentières hélicophiles : "Guide des abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d'Europe" de Hans Bellmann aux Editons Delachaux Niestlé (pages 242-254) 

2-2-"Anthidies résinières" nidifiant dans les coquilles d'Hélicides rerrestres : 

Il y aurait en France 2 espèces résinières : Anthidum septemdentatum-Anthidium bellicosum 

Anthidium septemdentatum fait son nid dans les coquilles d'Helix aspersa, nemoralis ou cespitum; ce nid est constitué de 2 loges, 1 pour le mâle et 1 pour la femelle, séparées par de la résine pure; la résine mélangée à de petits graviers est utilisée pour l'opercule... 

 
 
Une Anthidie résinière hélicophile : l'"Anthidie à 7 dentsAnthidium septemdentatum prélevant du nectar...(photo de droite de P.Dubois) 

Il faut citer ici une "Odynère résinière" (Euménide) : l'"Odynère alpestreOdynerus alpestris dont le nid est de 3 à 4 loges par coquille (on peut parfois trouver dans une de ces loges une autre Osmie hélicophile !!) 

Tous ces résiniers, cimentiers, gacheurs de mortier hélicophiles nous montrent un des aspects du comportement étonnant et passionnant de ces Hyménoptères solitaires.... 

P.S : Je suis à la recherche de photos d'"Abeilles solitaires" visitant des coquilles d'Hélicides et des "nids" de ces hélicophiles : préparez vos APN ! 

 
Un Syrphide Syritta pipiens s'est posé (par hasard ?) sur une coquille d'escargot...(photo P.Falatico) 

En complément, voir l'excellente revue de "la Hulotte", Numéro 98 : "L'Escargot des haies"



Quelques aspects de l'entomofaune endémique des Iles australes françaises (Kerguelen et Crozet) 
 

Les terres australes françaises sub-antarctiques de l'Océan Indien (essentiellement Kerguelen et Crozet : 2 degrés Celsius en moyenne pour le mois le plus froid et 8 degrés Celsius pour le plus chaud !) sont depuis longtemps étudiées par des missions scientifiques françaises (IRD ex-ORSTOM, CNFRA Ifremer (Comité National Français pour les Recherches Antarctiques), CNRS, Institut polaire français Paul Emile Victor ou IPEV...) En ce qui concerne les Insectes, l'entomofaune endémique de ces terres australes est peu diversifiée et limitée à quelques Coléoptères, Diptères et Lépidoptères; ces Insectes sont essentiellement des biodécomposeurs et vivent au niveau du sol; Diptères et Lépidoptères sont dépourvus d'ailes ou possèdent des ailes atrophiées; ils se font transporter passivement par les vents violents caractéristiques de cette région... l'introduction de nouvelles espèces au fil du temps a perturbé et perturbe encore cet écosystème particulier; des biologistes ont étudié et étudient les disparitons locales dues aux introductions ainsi que la biologie de ces espèces adaptées au froid et vents violents de cette région; de même, on étudie la résilience des communautés d'invertébrés sur certaines de ces îles et les impacts de l'éradication des lapins introduits (introduction aux Kerguelen en 1874 et éradication en 1992 sur quelques îles!) 

 
Carte subantarctique et position des iles australes françaises...(source IPEV) 

L'essentiel des clichés et dessins proposés dans cette page est du au travail de Georges CHAUVIN (Docteur d'Etat, ancien maitre de conférences à l'Université de Rennes 1 ) 

Ces données réactualisées ont été présentées aux Colloques sur les Ecosystèmes Subantarctiques (C.N.F.R.A.) qui ont eu lieu en 1982 et en 1987 à la Station Biologique de Paimpont (Université de RENNES), à l'initiative du Professeur Paul TREHEN qui était Directeur de la Station Biologique de Paimpont et de l'Unité de Recherche Associée Au C.N.R.S. 1853 -Ecobiologie 

1-Lépidoptères endémiques des Iles Kerguelen et Crozet 

Ce sont essentiellement des Tinéides du genre Pringleophaga : 

 
 
Un Tinéide des Iles Australes (Kerguelen) Pringleophaga kerguelensis femelle et mâle aux ailes atrophiées comme la plupart de la faune endémique de ces îles (Insectes aux ailes absentes ou atrophiées) 

 
Les 2 espèces de Tinéides du genre Pringleophaga endémiques des iles australes Kerguelen et Crozet 

 
Pringleophaga crozetensis femelle conservée dans l'alcool ce qui l'a transparisé et permet de voir les oeufs accumulés dans l'abdomen... 

 
Chenille de Pringleophaga kerguelensis... 
(la chenille parasite le "chou de Kerguelen", Pringlea antiscorbutica aux propriétés alimentaires et antiscorbutiques; plante en régression suite à l'introduction d'animaux domestiques entre autres..) 

 
Nymphe de Pringleophaga kerguelensis dans son cocon (ouvert) dans les couches superficielles du sol... 

2-Diptères endémiques des Iles Kerguelen et Crozet : 

On trouve des Diptères aptères (aspect de "fourmi") ou aux ailes atrophiées des familles des Sphaeroceridae, Helcomyzidae et Micropezidae (Calobatidae); a noter que ces espèces sont menacées par l'introduction accidentelle (avec les provisions) de Diptères Calliphorides entrant en compétition avec eux... 

 
Diptère Micropézide aptère Calicopteryx moseleyi des Iles Kerguelen se nourrissant dans les algues des laisses de mer (phycophage) 
(espèce inféodée à la Brassicacée (Crucifère) Pringlea antiscorbutica; études réalisée sur les relations interspécifiques entre ces 2 partenaires; à noter qu'après l'élimination de ces "choux de Kerguelen" par les lapins introduits, C.moseleyi a changé de niche écologique : de phyto-saprophage, il est devenu phycophage; des programmes d'éradication des lapins dans certaines de ces îles ont permis de restaurer des populations littorales de "choux" et d'éudier la dynamique des populations après restauration... ) 

La Famille des Sphaérocérides comprend aussi des petis Diptères (1-5 mm) noirâtres dont quelques-uns sont aptères : ces aptères sont présents dans les îles subantarctiques de l'Océan Indien: Iles Crozet, Kerguélen et Heard (dans les milieux où les oiseaux marins se reproduisent du niveau de la mer jusqu'à 700m. d'altitude) 

2 espèces sont présentes : Anatalanta aptera - Anatalanta crozetensis 

 
Diptère Sphérocéridé aptè ressemblant à une fourmi, des Iles Kerguelen : Anatalanta aptera 
(nécrophage subantarctique très étudié pour sa résistance au froid...) 

 
"Asticots" d'Anatalanta aptera dans les algues en décomposition... 

 
 
Oeuf d'Anatalanta aptera en vue dorsale montrant la couronne des cornes respiratoires - détail des cornes (M.E.B) 
(les oeufs sont pondus dans le sol et ses cornes respiratoires dépassent de la surface du sol) 

 
 
Dessins de structure de la paroi de l'oeuf d' Anatalanta aptera 
(cette structure est en relation avec la résistance à la dessication et à l'immersion ce qui peut arriver sous ces confitions extrêmes !...) 

 
Autre espèce de l'Ile Crozet : Anatalanta crozetensis...(photo S.Gutjahr) 

La petite Famille des Helcomyzides correspond à des Diptères vivant au bord de mer essentiellement : 6-10 mm, 3e article antennaire sphérique; se développent dans les algues en décomposition... 

 
 
Helcomyzide endémique des iles Australes aux ailes atrophiées Paractora dreuxi (étudié pour la résistance au froid des larves et imagos) 

 
 
Détail (M.E.B) du pole antérieur (micropylaire) de l'oeuf de Paractora dreuxi 

On peut aussi noter la présence de Diptère Chironomide comme Microzetia mirabilis et d'un Diptère Anthomyiide, introduit de longue date, Fucellia maritima 

3-Coléoptères endémiques des Iles Kerguelen et Crozet : 

 
 
Un Curculionide endémique des Iles sub-antarctiques (australes) , peut-être Bothrometopus (d'après Sylvain Gutjahr)... 

 
 
Un Carabide endémique des Iles Crozet Amblystogenium pacificum : couple de la forme claire - Individu isolé de forme sombre (photos sur la base Alfred Faure par S.Gutjahr) 
(2 espèces cohabitent à Crozet, A.paciificum et A.minimum occupant 2 niches écologiques différentes : milieux herbeux bas et zones pierreuses) 

4-On peut aussi trouver des Collemboles ("Podures") sur les îles au bord de la mer : 

 
Collemboles bleus des Iles Crozet de la Famille des Neanurides (peut-être Anurida maritima mais il faudrait observer de plus près le nombre et la répartition des soies !)


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MessagePosté le: Mar 17 Mar - 21:01 (2015)    Sujet du message: Publicité

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